Entre 2600 et 1900 avant notre ere, une civilisation d'une sophistication remarquable prospera dans le bassin de l'Indus — le territoire de l'actuel Pakistan et du nord-ouest de l'Inde. La civilisation de l'IndusCivilisation de l'IndusGrande civilisation urbaine de l'âge du bronze (~2600-1900 av. J.-C.) sur l'actuel Pakistan et le nord-ouest de l'Inde : villes planifiées (Harappa, Mohenjo-daro), briques standardisées, écriture non déchiffrée, absence de palais monumentaux. (aussi appelee civilisation harapeenne du nom de sa principale cite) constitua l'une des trois grandes civilisations urbaines du Bronze Age, aux cotes de la Mesopotamie et de l'Egypte ancienne. A son apogee, elle couvrait plus de 1,25 million de km2 et regroupait plusieurs dizaines de villes et des centaines de villages.

Les deux metropoles principales de cette civilisation — HarappaHarappaCité majeure de la civilisation de l'Indus, dans le Pendjab pakistanais, premier site fouillé qui a donné son nom à la culture harappéenne. et Mohenjo-daroMohenjo-daroL'une des plus grandes villes de la civilisation de l'Indus (Sind, Pakistan), célèbre pour sa Grande Baignoire et son urbanisme en damier ; site du patrimoine mondial. — stupefient par leur planification urbaine. Les rues sont tracees en damier orthogonal, les maisons sont construites en briques standardisees d'une taille uniforme, et chaque quartier est equipe d'un systeme d'evacuation des eaux usees d'une efficacite qui ne sera pas egale en Europe avant des millenaires. Les batiments publics — la grande piscine rituelle de Mohenjo-daro, les "greniers" monumentaux — impliquent une organisation administrative centralisee et une planification a long terme.

Vue des ruines de Mohenjo-daro, cite de la civilisation de l'Indus
Les ruines de Mohenjo-daro, inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO, revelent une ville du IIIe millenaire avant notre ere dotee de rues quadrillees, de maisons en briques standardisees et d'un reseau d'assainissement sophistique. La civilisation de l'Indus reste l'une des plus mysterieuses de l'Antiquite.

Ce qui rend la civilisation de l'Indus si enigmatique pour les chercheurs, c'est ce qu'elle ne nous a pas laisse. Son ecriture — representee par plus de 400 symboles graves sur des sceaux en steatite — n'a jamais ete dechiffree. Nous ignorons donc le nom de cette civilisation dans sa propre langue, le nom de ses dieux, de ses rois ou de ses dirigeants. Les fouilles n'ont revele aucun palais royal, aucune tombe royale somptueuse, aucun monument a la gloire d'un souverain — ce qui laisse supposer soit une organisation sociale relativement egalitaire, soit un pouvoir politique d'une nature tres differente de celui de l'Egypte ou de la Mesopotamie.

Le declin de la civilisation de l'Indus vers 1900 av. J.-C. reste debattu. Les theories anciennes evoquaient une invasion aryenne, mais les analyses genetiques et archeologiques modernes pointent plutot vers une combinaison de facteurs climatiques (assechement progressif, dereglement de la mousson) et d'epidemies qui auraient fragilise les centres urbains. Les populations ne disparurent pas : elles se disperserent vers l'est et le sud, et leurs descendants contribuerent a la formation des civilisations indo-gangertiques ulterieures.